Des juments martyrisées en Amérique du Sud pour l’élevage français.

En Argentine et en Uruguay, des juments sont engrossées, martyrisées et avortées afin de leur prélever une hormone utilisée notamment en France.

Le journal « Libération» révèle en exclusivité une enquête menée par les ONG  Suisse pour l’une,  TSB (Tierschutzbund-Zürich) et allemande pour l’autre, AWF (Animal Welfare Foundation). A partir de Mars 2015, ces deux associations investiguent sur le commerce de viande de cheval et découvre l’atrocité de ces « fermes ». Elles rapportent aujoud’hui des preuves en photos, vidéos et témoignages de l’horreur que vivent ces équidés :

Près de 10 000 juments gestantes sont exploitées pour leur sang afin d’en extraire une hormone destinée aux élevages (porcins, ovins, etc.) Leur but ? Prélever du sang sur des juments enceintes. Durant leur gestation, les juments produisent, en effet, une hormone spécifique entre le 40e et le 120e jour, largement utilisée par des laboratoires pharmaceutique Français ainsi que dans les élevages, car elle permet de programmer les naissances. Cette hormone eCG réputée très efficace, permettrait aux éleveurs de pouvoir rendre les femelles d’élevages fertiles, et ce, de manière synchronisée dans le but d’accroître la productivité de l’entreprise. Par exemple, pour les élevages de chèvres et brebis, la production de lait serait assurée tout au long de l’année. Egalement utilisée par l’industrie pharmaceutique vétérinaire, le laboratoire MSD affirme n’avoir jamais travaillé avec les fermes à sang dénoncées par TSB et AWF et a pourtant aussitôt changé de fournisseur après qu’une pétition européenne de 326 000 signatures demandant de céder l’approvisionnement auprès des fournisseurs américains. Tandis que les laboratoires Ceva, contactés plusieurs fois par l’association TSB pour les alerter des cas de maltraitances, ont, eux, mandatés une équipe en interne pour constater les conditions d’élevage de ces chevaux. Affirmant par la suite n’avoir relevé aucunes anomalies lors de ces visites.

Non seulement ces troupeaux sont livrés à eux-mêmes dans des pâtures rases mais la majorité de juments souffrent  de malnutrition, de plaies ouvertes infectées et fractures et  des cadavres abandonnés, ont également été découverts jonchant sur le sol.

Le calvaire continu, une à deux fois par semaine, forcées à rejoindre des box de contention, le sang des juments gestantes peut être prélevé jusqu’à dix litres en y insérant une canule dans leur veine jugulaire. Par la suite, certaines juments sont avortées manuellement, sans anesthésie au préalable lorsque cette fameuse hormone n’est plus sécrétée. En perçant le sac contenant le liquide amniotique à la main, la femelle perd alors son poulain considéré comme inutile puis sera de nouveau engrossé. Rappelons que la gestation normale d’une jument est de onze mois ; dans ces fermes à sang, elles peuvent être pleines plusieurs fois sur une année.

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« Au bout de trois à quatre ans, les juments qui ont survécu à ces années de maltraitance, épuisées et stériles partent à l’abattoir pour alimenter le commerce de la viande chevaline, exportée notamment vers la France ».

« De telles pratiques sont contraires aux lois de protection animale en vigueur en France. Ces fermes ne pourraient s’implanter sur notre territoireIl est donc inacceptable que des laboratoires français se fournissent auprès de pays moins regardants en matière de bien-être animal.» dénonce Adeline Colonat chargée de communication éditoriale à Welfarm qui se mobilise contre ces faits.

L’association demande  à ce que les laboratoires européens cessent toute importation depuis les fermes à sang d’Amérique du Sud. Dans leur rapport d’enquête, AWF et TSB dévoilent que l’Europe fait partie des pays important le plus d’hormone produite par ces juments.  

Plusieurs syndicats de la viande ont été invités par l’association Welfarm, à prendre position. Malheureusement, personne n’a donné suite à ce dossier. De même pour le Conseil National de l’ordre de vétérinaires qui ne s’avance guère plus sur le sujet. Si la Suisse a demandé aux éleveurs d’arrêter l’utilisation du eCG, le reste de l’Europe devra se prononcer d’ici peu.

Une pétition est en cours comptabilisant déjà plus d’1,7 millions de signatures demandant d’interdire l’importation d’eCG qui, depuis mars 2016, est considéré par le Parlement Européen, non-conforme aux standards de l’UE.

Pétition :

https://secure.avaaz.org/campaign/fr/horse_blood_loc/

Sabine Checucci et Charlotte Avril,

Le 9 Octobre 2017

Sources :

Welfarm : http://6hxx.mjt.lu/nl2/hwhu/183q2.html?m=AEoAAJ66RxMAAUu_sFAAAGxPHoMAARpebhEAGqbWAAfWLwBZ15PVB6p2bHz-RRSpRmHNaS0bwAAHT7k&b=63848434&e=06cfb3e8&x=8zguhWAqQVl6huCbnp5ATOC7pk-bimBjz7gCQqQIq2E

 

Libération : http://www.liberation.fr/france/2017/10/05/des-juments-saignees-aux-quatre-veines-pour-l-elevage-francais_1601168