La ferme de Neuzy passe de 800 à 4 000 vaches et bovins

Exploitant actuellement un élevage d’environ 800 vaches allaitantes et de bovins, Daniel Viard propriétaire de la ferme de Neuzy à Digoin, souhaite agrandir son exploitation pour en accueillir 3 910. L’activité consiste à faire venir des bandes de jeunes bovins, pour une mise en quarantaine sanitaire durant 5 semaines avant d’être exportés vers des centres d’engraissement en France et à l’étranger plus précisément dans certains pays du Maghreb et en Turquie puis dans un futur proche, en Chine.

240 bovins à l’engrais et 320 vaches allaitantes supplémentaires. En tout, sa ferme compterait plus de 4 000 bovins.

Outre les nuisances certaines vis-à-vis des riverains d’une telle concentration de bêtes et les risques de pollution. Ce projet soulève évidemment la question du bien-être animal avec l’entassement des vaches dans l’enceinte de l’exploitation, les transports surchargés mais aussi les traitements cruels et les abattages rituels barbares à l’export en Turquie ou au Maghreb. Pourtant l’Assemblée Nationale a reconnu aux animaux domestiques le statut « d’êtres vivants doués de sensibilité » en 2015.

Par ailleurs, l’agrandissement de cette exploitation agricole comporte des enjeux environnementaux identifiés par les autorités :

  • à savoir que certains bâtiments sont situés à moins de 35m du cours d’eau à proximité : l’Arroux, dont certaines parcelles d’épandage proches de l’Arroux ou de la Bourbince localisées en zone inondable.

 

  • Du point de vue quantitatif, l’abreuvement des animaux de l’élevage nécessite une consommation importante d’eau (55158m3/an)

 

  • Nuisances sonores et odorantes pour les habitations les plus proches dues aux nombreux transports quotidiens (2200 poids lourds par an) et à la manipulation d’effluents odorants.

 

  • Le site se trouvant au sein d’une Zone naturelle d’intérêt écologique Faunistique et Floristique nécessite la mise en œuvre de modalités particulières lors des opérations d’épandage pour ne pas altérer l’état de ces milieux naturels.

Les ambitions économiques ne doivent pas occulter tout sens moral ou de responsabilité. La France dit vouloir favoriser une agriculture écologique plutôt qu’un élevage intensif faisant la part belle aux gaspillages alimentaires.

Pourtant, la direction régionale de l’environnement de Bourgogne-Franche-Comté a déjà rendu un avis favorable à cet agrandissement, considérant que le dossier qui a été déposé par l’éleveur présente les « enjeux environnementaux et apporte des solutions acceptables pour concilier son activité avec ceux-ci. »