L'animal du mois

Le lion (Panthera leo)

Autrefois présent sur plusieurs continents (l’Europe, L’Afrique, l’Inde et le Moyen-Orient). Le lion a aujourd’hui disparu de ces contrées et est maintenant réparti entre l’Afrique et l’Asie. La sous-espèce africaine (Panthera leo leo) compte entre 15 000 et 30 000 individus vivant en Afrique subsaharienne. La sous espèces d’Asie (Panthera leo persica) ne compte plus que 250 individus vivant en Inde dans le parc national de Gir.

Il vit principalement dans des milieux ouverts ou semi-ouverts, son habitat naturel est principalement la savane mais il peut aussi s’aventurer dans les plaines ou les semi-déserts possédant des zones ombragées. C’est ainsi que le lion d’Asie n’est jamais rentré en concurrence avec son cousin le tigre qui lui vit principalement dans un milieu plus fermé comme les forêts tropicales humides ou dans des zones de type marais.

Ce carnivore fait partie de la famille des félidés dont il est le 2ème plus grand spécimen après le tigre. Le mâle pèse entre 150 et 230 kg et mesure entre 175 à 250 cm de long auquel vient s’ajouter sa queue d’environ 100 cm. La femelle pèse entre 85 et 170 kg et mesure entre 160 et 195 cm de long en plus de sa queue qui mesure environ 85cm. Sa hauteur au garrot varie entre 100  cm et 150cm pour les plus grands mâles.

Les mâles possèdent une longue crinière, souvent brune, fauve ou parfois noire, apparaissant vers l’âge de trois ans. Cette crinière est un indicateur majeur de la bonne santé de l’individu, de sa nutrition et de son statut hormonal. Par ailleurs, cette crinière leur serre de protection lors de combats contre des mâles rivaux. L’autre particularité du lion est sa queue qui possède en son extrémité une excroissance caudale. Ce pinceau de poils noirs est en fait une vertèbre non développée dont ils se servent pour faire fuir les mouches. Cette caractéristique avait été remarquée dès l’antiquité et à cette époque, les hommes pensaient que ce bout de queue pointue était une arme, une sorte d’éperon avec lequel l’animal pouvait piquer les flancs de son adversaire.

Le lion vit en groupe, ce qui fait de lui le seul félin sociable. Le groupe est composé en moyenne de 5 à 30 individus en fonction du nombre de proies disponibles sur le territoire. C’est d’ailleurs pour cela que le groupe se divise en sous-groupes pour chasser. Ce carnivore mange essentiellement des bovidés comme des antilopes, des gnous mais aussi des buffles, de jeunes éléphants, des zèbres, des girafes.

Dans tous les cas, c’est la lionne qui est en charge de la chasse, le lion étant en charge de protéger son groupe. Parfois, en rassemblement d’une trentaine d’individus, elles tentent à l’aide des lions de s’attaquer à des éléphants adultes, des hippopotames ou des rhinocéros mais fuient la plupart du temps lorsque ces derniers se défendent vigoureusement. Ce groupe est constitué de femelles apparentées entre elles contrairement aux mâles présents, ce qui permet ainsi d’éviter la consanguinité mais c’est aussi ce principe qui condamne les jeunes lions à se faire chasser par leur père.

Sur un modèle de harem, seul le mâle au sommet de la hiérarchie peut se reproduire.

La lionne a une portée de un à quatre lionceaux après quatre mois de gestation. Après la mise bas, elle reste cachée durant six semaines avec ses lionceaux qu’elle laisse seule pour aller chasser parfois 48h. C’est un moment délicat dans la vie des lions car c’est là qu’ils sont le plus vulnérables et leurs prédateurs, hyènes et léopards, sont à l’affut. Plus tard, ses prédateurs directs seront l’homme, les hyènes et les crocodiles du Nil qui se nourrissent des mêmes proies.

Tous les individus, mâles et femelles confondus, s’occupent de l’éducation des jeunes et les lionceaux tètent leur mère mais aussi les autres femelles allaitantes au sein du groupe. Les jeunes mâles restent dans le groupe jusqu’à l’âge de deux à trois ans puis sont chassés par le mâle dominant.

C’est alors que les jeunes mâles deviennent nomades pour un temps et forment une sorte de coalition. Ensemble, ils parcourent de très longues distances jusqu’à trouver un groupe dont ils essayeront de prendre la tête. Quand il arrive que les nouveaux venus gagnent le combat, ils en viennent souvent à l’infanticide. Ce comportement permet de rendre les femelles plus rapidement disponibles pour la reproduction, retournant plus vite à une période d’oestrus (moment où la fécondation peut avoir lieu). Sans cela le mâle doit attendre au minimum trois ans que la lionne ait complètement sevré sa portée précédente. D’un point de vue génétique, le lion se doit de perpétrer ses gènes et ne peut donc pas se permettre ce délai, d’autant plus que le coup énergétique engendré pour s’occuper des petits d’un autre n’a pas d’intérêt biologique pour lui.
Pour communiquer entre eux, les lions utilisent beaucoup de moyens tels que la communication vocale faite de grognements, sifflements, gémissements, grondements, miaulement et rugissements qui peuvent être entendu à 5 km à la ronde, et le langage corporel, aussi riche que varié avec par exemple leur cérémonial de salutations : Ils dodelinent de la tête et gardent leur queue dressée vers le haut puis tournent la tête latéralement. Ils peuvent aussi se frotter la tête à l’individu qu’ils souhaitent saluer. Les lèchements sont un signe d’affection. Les oreilles quant à elles, plaquées contre leur tête, est comme pour leur cousin le chat, un signe de colère.

Dans la nature, l’espérance de vie du lion est comprise entre 7 et 12 ans pour les mâles et entre 15 et 20 ans pour les femelles.

Les principales menaces de ce royal animal sont la chasse dite « sportive » (à l‘heure actuelle, en Afrique du sud, près de 300 éleveurs élèvent plus de 4 500 lions pour cela), le braconnage, la réduction de son habitat qui a pour conséquences le partage de son territoire avec l’homme et engendre parfois également des conflits entre lion et humain.

Les populations de lions sont très concentrées puisque contenues dans des parcs ou des réserves, les autres zones devenant inadaptées à leur survie puisque cultivées par l’homme.

Le problème de consanguinité se pose donc puisque les différentes populations, contenues dans ces aires délimitées, ne peuvent plus se mélanger.

L’UICN a classé le lion africain comme « vulnérable » sur la liste rouge des espèces menacées en raison de la baisse régulière de l’effectif de cette espèce.

Quant au lion d’Asie, l’UICN le considère comme « au bord de l’extinction » avec environ 200 à 300 individus. Il a disparu de la presque totalité de son aire de répartition et les derniers représentants sont gravement menacés par la perte de leur patrimoine génétique, là aussi en lien avec une aire de répartition réduite et un faible nombre d’individus restants.

C’est pourquoi le gouvernement Indien a mis en place un projet de réintroduction dans un sanctuaire de la région du Gir : le Kuno wildlife sanctuary.

 

« Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront à glorifier le chasseur. »

Proverbe africain.

 

 

Charlotte Avril

15 septembre 2017