Le nouveau gardien des troupeaux : le lama

Le retour du loup en France et la présence d’autres carnivores, comme les chiens errants ou les renards, ont fait émerger des questionnements concernant la sûreté des troupeaux ovins et caprins. Les éleveurs et les défenseurs de la biodiversité, soucieux de protéger à la fois les animaux domestiques et les espèces sauvages, cherchent des solutions adaptées pour le bien-être de tous.

Dans certains pays comme aux Etats-Unis, en Suisse mais aussi en France, une solution semble se concrétiser face aux différents prédateurs rencontrés (coyotes, pumas, chiens errants, loups, renards …). Les éleveurs ont décidé de faire appel à un allier insoupçonné pour protéger leurs troupeaux : le lama. En effet, les chiens de protection et les ânes présentent certaines contraintes et peuvent parfois être sources d’incidents avec leurs congénères mais aussi avec les promeneurs. Le lama est un animal territorial vivant en groupe. Placé au sein du troupeau de moutons ou de chèvres, le camélidé s’acclimate rapidement à ses nouveaux compagnons. Il devient généralement l’individu dominant de par sa taille plus imposante. Sociable, doux et intelligent, il exprime un fort instinct de protection envers son cheptel. Le lama se révèle être un gardien efficace, curieux et attentif. Il emploie des moyens non létaux et adaptés pour faire fuir les dangers potentiels. Ainsi, il utilise le langage corporel (tête relevée etc.) et des cris d’alerte pour communiquer. Les menaces réelles (poursuites, tentatives de morsures et de coups) interviennent seulement si l’intrus ne s’éloigne pas à la suite des premiers avertissements du lama. Toutefois, la présence seule du camélidé joue un rôle de dissuasion envers les carnivores. Les individus du troupeau comprennent parfaitement leur gardien et n’hésitent pas à se rassembler derrière lui ou à le suivre.

Les lamas présentent moins de contraintes que les chiens de protection et les ânes : leur entretien est proche de celui des moutons et, bien qu’ils aient des besoins spécifiques à respecter comme la taille régulière de leurs onglons, ils ne demandent pas de travail supplémentaire majeur à l’éleveur (ils pâturent avec les moutons, respectent les clôtures …). Ils ont également une longévité supérieure à celle des canidés et peuvent atteindre des âges de 15 à 25 ans. Les lamas ne nécessitent pas d’entraînement particulier pour protéger un troupeau contrairement aux chiens dont la formation est coûteuse. Ces camélidés forment de bons protecteurs à partir de l’âge de deux ans.

Cependant, l’utilisation de ces nouveaux gardiens n’est pas entièrement optimale. La protection d’un cheptel par un lama est assez dépendante du caractère de l’individu. Elle est efficace avec des groupes d’animaux de tailles modérées et au sein de terrains n’étant pas trop étendus afin que les individus restent rassemblés. Un seul individu par troupeau est généralement recommandé pour que la surveillance soit utile, sous peine de voir les lamas former une entité distincte du cheptel ovin ou caprin.

Sans être la solution ultime, les lamas semblent être une alternative favorable à la protection des troupeaux. Ces animaux présentent de nombreux atouts que n’ont pas les chiens de protection et les ânes et s’intègrent parfaitement aux troupeaux et aux pâtures.

Gabrielle Montier

Le 9 octobre 2017

 

Sources :

Agri, Le point fort, (12/04/2013). Protection des troupeaux. Face au loup, le lama monte la garde. [PDF] http://www.protectiondestroupeaux.ch/fileadmin/doc/Herdenschutzmassnahmen/Lama/ag15_B1_01.pdf

Farming with Carnivores, (01/04/2016). Guardian Llamas. http://farmingwithcarnivoresnetwork.com/guardian-llamas/

Tribune de Genève, (16/07/2013). Pour protéger votre troupeau, prenez un lama. https://www.tdg.ch/suisse/Pour-proteger-votre-troupeau-prenez-un-lama/story/13501971