Les caméras obligatoires de surveillance ont été supprimées de la loi sur l’Agriculture

À la suite des États généraux de l’alimentation, les associations de défense des animaux ont eu la mauvaise surprise de découvrir que la mesure visant à l’installation obligatoire de caméras de surveillance dans les abattoirs avait été supprimée du projet de loi sur l’Agriculture.

De nombreuses ONG ont réagi à cette modification de loi notamment dans l’article publié par LCI.

« Cette loi a été expurgée de l’essentiel. C’est dramatique ! C’est un énorme bond en arrière du ministre de l’Agriculture. […] Et sans caméra, comment voulez-vous qu’on apporte la preuve, qu’on sache ce qu’il se passe derrière les murs ? «  s’est indigné Reha Hutin, présidente de la fondation 30 Millions d’Amis.

L’ex-député socialiste, Olivier Falorni, à l’origine de cette proposition de loi, a également réagi à cette décision et compte déposer un amendement car les contrôles effectués par les agents de l’État ne sont pas suffisant pour dévoiler les cas de maltraitance. Monsieur Falorni s’est notamment exprimé via une vidéo présentée par le média Brut.

Pour en savoir plus nous invitons à lire l’article de LCI.

 

Gabrielle Montier, le 1er février 2018

 

Sources :

sudradio.fr

LCI

Brut

 

L'animal du mois

Les caméras obligatoires de surveillance ont été supprimées de la loi sur l’Agriculture

DR – Help Congo (photos avec chimpanzés, ci-dessus et en page d’accueil)

Le Chimpanzé (pan troglodyte) fait partie de la famille des grands singes comme l’homme, le bonobo, le gorille, l’orang-outan ou encore le gibbon.

Il est notre plus proche cousin avec 98% de patrimoine génétique en commun.
Il vit dans 21 pays d’Afrique de l’est à l’ouest au niveau de la zone équatoriale mais a déjà disparu de quatre pays (le Togo, la Gambie, le Burkina Faso et le Bénin).
On estime aujourd’hui entre 150 000 et 200 000 le nombre d’individus.
Le chimpanzé mesure entre 1,20 m et 1,70 m et pèse entre 30 et 70 kilos possédant une force sept fois supérieure à celle d’un homme.

Son espérance de vie et d’environ 50 ans et le temps de gestation est de huit mois et demi.

Très sociables, les chimpanzés vivent en communauté pouvant compter jusqu’à une centaine d’individus sous l’autorité d’un mâle dominant.
Dans la journée, ils se séparent en petits groupes et parcourent parfois de nombreux kilomètres pour aller chercher de la nourriture.
Les chimpanzés sont omnivores, ils mangent des fruits, des feuilles, des noix qu’ils cassent avec des pierres ou des morceaux de bois, des insectes comme des fourmis ou des termites qu’ils « pêchent » en utilisant des tiges qu’ils plongent  alors dans la termitière pour que les insectes s y accrochent puis la retirent et  se régalent alors de ce met de choix.
C’est d’ailleurs l’une des premières observations d’utilisations d’outils chez le chimpanzé qui a été faite et qui démontre un raisonnement complexe.
Ils mangent aussi de la viande puisqu’ils chassent occasionnellement des oiseaux ou des petits mammifères.
Ils consomment également certaines plantes à certaines occasions en raison de leurs propriétés médicinales, utilisées également par les hommes des populations  voisines.
Le soir, ils se rejoignent et construisent leur nid en haut des cimes pour être à l’abri des prédateurs en agençant des branchages frais pour avoir une couche confortable.

Le lien social est primordial chez le chimpanzé, ils pratiquent l’épouillage qui consiste à enlever  peaux mortes ou parasites et qui consiste surtout à renforcer les relations au sein du groupe ou à apaiser les individus nerveux.
La communication entre chimpanzés est très similaire à la nôtre, ils s’embrassent, s’enlacent, se caressent, se touchent, se chatouillent, ils ressentent aussi de l’affection, de l’empathie (il n’est pas rare d’observer des gestes d’aide ou de réconfort envers un individu malade ou affaibli) de la peur, de la colère ou de la frustration.
En termes de comportement, le chimpanzé et l’homme partagent de nombreux autres points communs.
Ils ont conscience d’eux même reconnaissant leur propre reflet dans un miroir.
Ils peuvent coopérer et établir des stratégies pour capturer une proie ou pour partir en « guerre » contre des groupes voisins dans le but d’étendre leur territoire ou de conquérir plus de femelles.
Lors de décès, on a pu constater des rites funéraires comme un recueillement autour du défunt ou bien encore une toilette post-mortem.

Bien que quadrupède, il peut devenir bipède à certaines occasions pour attraper quelque chose en hauteur, pour franchir un obstacle ou encore pour impressionner un adversaire.
Les chimpanzés ont aussi leurs propres cultures  liées à leurs environnements mais aussi liées aux transmissions de chaque groupe.
Par exemple, on a observé un groupe de chimpanzés qui vivaient au Congo et qui utilisaient des pierres pour casser  des noix alors qu’un groupe de chimpanzés à Gombe en Tanzanie n’a jamais été observé en train de le faire.

Malheureusement, aujourd’hui, les chimpanzés sont menacés d’extinction en particulier par 3 principales causes :

  • la destruction de leur habitat par  une déforestation intensive notamment pour planter des palmiers à huile, exploiter du bois exotique et ouvrir des pistes liées à l’exploitation des ressources minières ;
  • le braconnage pour la viande de brousse et pour capture de jeunes individus destinés à être vendus comme animal de compagnie ;
  • les maladies notamment le virus Ebola.

Charlotte Avril, le 19 mai 2017

Lectures

  • « Ma vie chimpanzé » de Jane Goodall
  • « Les chimpanzés et moi » de Jane Goodall
  • « La politique du chimpanzé » Frans de Waal

Les associations spécifiques

Christelle Colin, vétérinaire de formation dirige depuis 2015 le Centre de Conservation pour Chimpanzés en Guinée (C.C.C.).

Elle est la lauréate 2016 des trophées des français à l’étranger dans la catégorie «Environnement», parrainé par le journal Le Monde.

Le sanctuaire que Christelle dirige recueille des chimpanzés orphelins, confisqués par les autorités guinéennes, dont la mère et d’autres membres du groupe ont été tués par des braconniers. Le CCC recueille ces orphelins afin de les réhabiliter pour relâcher dans la nature les individus qui seront jugés aptes. Le processus de réhabilitation dure de longues années, le temps que les chimpanzés se remettent de leurs traumatismes, apprennent ou réapprennent à vivre comme des chimpanzés, à avoir des comportements naturels. Il est aussi primordial de constituer des groupes sociaux cohérents qui pourront être ensuite relâchés ensemble.

Trouver le bon site de relâcher est aussi déterminant dans la réussite du programme. Les critères de sélection sont très nombreux et répondent à des lignes de conduite très précises de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Mais il est malheureusement de plus en plus difficile de trouver le site idéal car les espaces se réduisent: déforestation massive, destruction de l’habitat naturel des chimpanzés par l’extension des activités humaines, urbanisation galopante…

Cela crée d’ailleurs parfois des situations insolites de rencontre entre chimpanzés sauvages et habitants des villes. Le CCC intervient de plus en plus souvent dans ce genre de situations, comme en avril dernier où une femelle s’est retrouvée littéralement prise au piège en périphérie d’une petite ville, après que les habitants du quartier l’aient chassée, effrayés par la jeune femelle qui ne faisait que passer dans une zone rongée par l’urbanisation. La femelle s’est retrouvée encerclée par des habitants du quartier menaçants mais elle a pu trouver refuge au sommet d’un grand fromager. Les habitants ont prévenu les autorités qui ont demandé le secours du CCC. Les membres du CCC ont entamé un long dialogue de sensibilisation avec la population qui a accepté de collaborer. La zone a été sécurisée, les membres du CCC ont passé la journée suivante au pied de l’arbre avec 2 agents du Parc National. La jeune femelle est finalement descendue de l’arbre au bout de 24h, disparaissant rapidement en brousse, saine et sauve !

En Guinée, les chimpanzés sont très peu chassés pour leur viande, contrairement  d’autres pays africains. Les bébés chimpanzés sont par contre capturés pour alimenter un trafic contrôlé par une véritable mafia, qui vend illégalement ces jeunes orphelins à des zoos chinois ou comme animaux de compagnie dans les pays du Golfe, en Russie, etc… Un bébé chimpanzé coûte actuellement 20 000$ sur le marché noir international, et certains bébés sont vendus en Guinée, par les braconniers, près de 2000€, ce qui représente une somme considérable dans ce pays très pauvre malgré des ressources minières très importantes (le 2ème stock mondial de bauxite). Il faut donc sensibiliser les populations locales et créer des emplois pour inverser la tendance, afin que ceux qui braconnaient hier deviennent aujourd’hui des acteurs de cette lutte pour la préservation de nos plus proches cousins. Mais il est aussi très important de souligner qu’on ne vaincra ce trafic qu’en luttant contre la demande de bébés chimpanzés, et donc en sensibilisant les potentiels riches acheteurs aux conséquences dramatiques de leurs actes.

Le C.C.C. œuvre auprès des populations locales, il est un acteur économique très important de la région, fournissant de l’emploi, des ressources économiques aux agriculteurs des environs en leur achetant toute la nourriture des chimpanzés, des soins médicaux, des livres scolaires, l’accès à l’éducation (le CCC a fait construire une école dans un village) et à la sensibilisation environnementale.

Les chimpanzés sont aussi menacés en Guinée par le virus Ebola. L’épidémie humaine dans la sous-région en 2014-2015 n’avait heureusement touché aucun chimpanzé, mais on sait que ce virus atteint régulièrement des populations de gorilles et chimpanzés sauvages en Afrique centrale.

Christelle et son équipe œuvrent quotidiennement dans ces conditions difficiles pour sauver ces merveilleux animaux, ces êtres vulnérables qui sont, rappelons-le, nos plus proches cousins.

Charlotte Avril, le 27 juin 2017

http://www.lepetitjournal.com/trophees-club-laureats/item/828-christelle-colin-tropheeenvironnement-2016