Vers un réenchantement du cirque de demain ?

A l’heure où de nombreux cirques, à l’image du Cirque du Soleil ou du Cirque Plume, mettent en lumière les performances athlétiques et artistiques et n’exhibent plus d’animaux dans leurs spectacles, plusieurs actualités viennent dégager en filigrane une touche d’espoir pour les ménageries de la communauté circassienne.

 

Dernier spectacle du plus grand cirque des Etats-Unis

Le Ringling Bros and Barnum and Bailey Circus (le Barnum) vient en effet de tirer sa révérence et de démonter son chapiteau après son dernier spectacle new-yorkais et ce après cent quarante six années d’existence. Sous la pression des associations de défense des animaux et suite à la baisse significative des places vendues (liée au retrait des éléphants de ses spectacles) le plus grand cirque des Etats Unis a offert son dernier tour de piste en mai.

Une annonce française porteuse d’espoir mais vite controversée

L’annonce de la suppression des numéros avec animaux par le cirque Joseph Bouglione a également réjouit les amoureux des animaux. Cette décision s’est imposée pour son propriétaire visiblement soucieux de repenser un système qui ne met qu’au second plan le bien-être des animaux en captivité et d’aboutir ainsi à une prise de conscience citoyenne.

Si beaucoup ont salué ce geste et pensaient y entrevoir un séisme dans le milieu, le cirque d’hiver Bouglione a rapidement précisé qu’il ne souhaite pas renoncer à sa ménagerie et a rappelé que le cirque Joseph Bouglione est un cousin du cirque Bouglione sans aucun rapport avec lui, à l’exception du même nom de famille.

La nécessaire prise de conscience collective des spectateurs

Si ces cirques traditionnels perdurent alors que les numéros avec animaux n’ont aucune vocation éducative c’est bien souvent que les spectateurs n’ont pas été (ou n’ont pas voulu être) amenés à réfléchir aux besoins physiologiques réels de ces animaux condamnés à la prison à vie.

Les parents doivent apprendre à ne plus cautionner cette douleur, ces dressages bien souvent coercitifs, ce confinement permanent et amener leurs enfants à réfléchir autour de diverses thématiques :

Garder ces animaux dans un espace restreint n’est il pas en soi une maltraitance ? Leurs besoins élémentaires sont ils comblés ? Quels troubles du comportement cela peut il engendrer ?

Il est à noter qu’une cinquantaine de communes ont déjà interdit sur leur espace communal les spectacles itinérants exploitant les animaux sauvages.

Astrid Heyman-Valois, 1er juin 2017