Vous prendrez bien un peu de pieuvre en amuse-gueule ?

On n’y avait pas pensé mais voilà que même les animaux les plus inattendus peuvent faire l’objet d’un élevage intensif.
C’est le triste privilège qui échoit aujourd’hui à la pieuvre. Victime d’une forte demande mondiale, des fermes aquacoles poussent un peu partout dans le monde et expérimentent, sur cet animal, l’un de nos procédés industriels des plus haïssables.

En misant sur l’élevage d’invertébrés, plus vite rentable, nécessitant a priori moins de considérations éthiques, les industriels ont ciblé la pieuvre : courte vie, taux de croissance et taux de fécondité particulièrement élevés, alimentation facile et de faible coût, prix du marché élevé. 

Ainsi, les prises mondiales n’ont cessé de progresser depuis 10 ans et sont estimées à environ 350 000 tonnes annuelles, à destination principalement du marché intérieur chinois, même si la demande d’autres pays est en plein boum (Europe, Etats-Unis, Australie).

Car l’aquaculture est, depuis plusieurs années, en forte croissance dans près de 200 pays, et touche quelque 550 espèces différentes nourries aux farines de poissons – un comble ! – et cela, même si leur élevage génère des pollutions locales voire plus étendues.

Alors face au marché qui génère des profits pour un produit – la pieuvre – haut de gamme, des scientifiques s’élèvent.
La pieuvre serait, en effet, un invertébré particulièrement sensible et doué d’une intelligence hors du commun. Les scientifiques ont même souligné la « complexité cognitive et comportementale » dont l’animal fait preuve ; de même qu’ils l’ont déclaré comme étant « le seul invertébré capable d’une expérience consciente », ayant la faculté de résoudre certains problèmes et d’en retenir la solution.

Qui des deux l’emportera ?…. Il ne faut surtout rien lâcher et ne pas consommer !

 

Le 22 juin 2019