Arts et littérature

Les animaux dans la musique

Les compositeurs

Les Animaux ont inspiré de nombreux compositeurs allant de Clément Janequin (1485-1558) avec le « Chant des oiseaux » en allant jusqu’à Olivier Messiaen (1908-1992) dont quasiment toutes les œuvres sont traversées par des chants d’oiseaux en passant par Joseph Haydn (1732-1809) et sa Symphonie n° 82 qui évoque un Ours, Ludwig van Beethoven (1770-1827) dans sa « Symphonie Pastorale », Franz Schubert ( 1797-1828) avec « La Truite », Richard Wagner (1813-1883) avec certains passages de son opéra « Siegfried », Maurice Ravel (1875-1937) dans  » L’Enfant et les Sortilèges  » qui est peuplé d’animaux ou bien encore Igor Stravinski (1882-1971) et  » L’oiseau de feu » ainsi que bien d’autres encore…

Ces compositeurs ont cherché à retranscrire en musique les particularités et la beauté de la nature.

Les bruits de la nature, une vraie symphonie

La nature regorge de sons qui émettent une musique environnante et naturelle.
Le croassement d’une grenouille, des chants d’oiseaux évidemment mais aussi les percussions du galop d’un cheval, le chant des baleines qui émettent ces ultra-sons caractéristiques et hypnotisants qu’autrefois certains prenaient pour des chants de sirènes.
Il y a aussi des vocalisations, puisque l’on utilise bien ce mot lorsque l’on évoque les cris que poussent les chimpanzés pour communiquer et se localiser dans la jungle.
Pour certaines autres espèces bien sûr, on ne parlera pas de voix, il reste néanmoins qu’un poisson émet des sons en gobant un insecte par exemple ou au contact de l’eau, en nageant.
C’est aussi le cas pour d’un insecte avec ses battements d’ailes ou bien encore un serpent qui en glissant sur le sol peut créer lui aussi un son propre.

Les exemples sont infinis et il y a autant de sons que d’espèces ce qui donne une vraie symphonie lorsqu’elles sont réunies.
De plus, Il y a des symphonies diurnes et les symphonies nocturnes suivant la chronobiologie les espèces.

Mise en lumière d’une œuvre

« Le Carnaval des Animaux  » de Camille Saint-Saëns

Cette œuvre composée en 1886, alors que Camille Saint-Saëns est en vacances, est découpée en 14 mouvements s’inspirant chacun d’un animal et souvent surnommée fantaisie zoologique.

1- Introduction et marche royale du lion : 2 pianos et cordes.
On y annonce le lion par un grand crescendo puis le lion arrive, il est en majesté.
Enfin, le piano évoque par des traits chromatiques, les rugissements du lion.

2- Poules et coqs : piano, clarinette, violons et cordes
Ils évoquent les sons de basse-cour et le caquetage des poules.

3- Les hémiones : piano et cordes
Une sorte d’âne asiatique très rapide qui est évoqué ici par le presto de la partition.

4- Les tortues : piano et cordes
Tempo largo qui correspond au rythme lent de la tortue ainsi que des sonorités graves données par le violoncelle et la contrebasse.

5- L’éléphant : piano, contrebasse
La contrebasse y joue la mélodie et la mesure à 3 temps du mouvement est une valse. Ce qui évoque la grâce du pachyderme qui contrebalance avec son imposant gabarit.

6- Le kangourou : 2 pianos
Les sauts de l’animal sont décrits ici par les notes qui montent et descendent ainsi que par des tempi changeants.

7- L’aquarium : célesta, flûte traversière, alto, violons, violoncelles
Sûrement l’un des morceaux les plus célèbres de cette œuvre zoologique.
Camille Saint-Saëns y évoque le merveilleux, la magie des profondeurs.
On imagine les déplacements des poissons, la lumière qui brille et se reflète sur leurs écailles, les courants sous-marins qui jouent dans les algues, les créatures mystérieuses des profondeurs surtout à cette époque où l’on a très peu exploré les océans.

8- Personnages à longues oreilles : violons
Parodie des braiments de l’âne.

9- Le coucou au fond des bois : piano et clarinette
Le timbre de la clarinette évoqué le son du coucou, de plus elle est placée en coulisse pour marquer encore d’avantage l’éloignement

10- La volière : piano et cordes
Chants des oiseaux évoqués par des trémolos et des trilles.

11- Les pianistes : piano
Camille Saint-Saëns a écrit ce passage avec humour.
Il s’agit de gammes à exécuter de manière peu assurée comme le demande le compositeur.
Peut-on voir aussi par l’incursion de l’être humain dans cette œuvre zoologique que le compositeur considérait l’homme comme un animal ? Réflexion moderne et encore peu courante à cette époque.

12- Les fossiles :2 pianos, clarinette, cordes, xylophone

13- Le cygne : piano, violoncelle
Le violoncelle évoque l’élégance du cygne.

14- Le final : orchestre complet
Un mouvement allegro qui reprend certains thèmes de l’œuvre.

Charlotte Avril, 20 mai 2017